Tout afficher 255 medias
Autres Cotes
Date
Organisme responsable de l'accès intellectuel
Présentation du contenu
Ce volume contient, dans ses 1730 articles, l'inventaire sommaire de la série H en entier, comprenant les fonds des abbayes, des prieurés, des couvents et communautés, des ordres militaires religieux et des établissements hospitaliers qui existaient, avant 1790, dans l'étendue actuelle du département de l'Eure, ou qui, bien que n'y ayant pas leur siège principal, y possédaient des biens. Ces fonds, qui en 1848 étaient au nombre de 59, avaient atteint en 1870 le chiffre de 74. Ils s'élèvent aujourd'hui à 124 et se répartissent comme il suit : vingt abbayes d'hommes, dont 17 étaient situées sur le territoire actuel du département de l'Eure et 3 dans la Seine-Inférieure : 12 appartenaient à l'ordre de Saint-Benoît, 6 à l'ordre de Cîteaux, 1 à l'ordre de Saint-Augustin et 1 à l'ordre de Prémontré ; - quarante prieurés d'hommes ; - 2 couvents de Carmes, 1 de Capucins, 1 de Célestins, 2 de Chartreux, 6 de Cordeliers, 1 de Jacobins, 1 de Mathurins et 4 de Pénitents ; - huit abbayes de femmes, dont 7 étaient situées dans l'Eure et 1 dans la Seine-Inférieure : 6 appartenaient à l'ordre de Saint-Benoît et 2 à l'ordre de Cîteaux ; - 1 prieuré de l'ordre de Fontevrault ; - 1 couvent d'Annonciades, 2 d'Augustines, 7 de Bénédictines, 3 de Carmélites, 2 de Dominicaines, 1 de Franciscaines, 5 d'Ursulines, 2 Congrégations ; - trois commanderies de l'ordre de Malte : - douze établissements hospitaliers.
L'histoire d'institutions aussi nombreuses et d'un caractère aussi différent ne pourrait rentrer dans le cadre d'une introduction à l'inventaire sommaire des archives qu'elles ont laissées et qui ne représentent, malgré leur importance relative, qu'une faible partie de celles qu'elles possédaient autrefois. Il nous a paru intéressant toutefois de rappeler, en ce qui concerne les abbayes, la date de leur fondation ainsi que les noms de leurs fondateurs, de signaler l'intérêt des principaux fonds inventoriés et de mentionner les documents qui méritent d'attirer particulièrement l'attention par leur ancienneté ou par leur valeur intrinsèque.
Abbaye de Beaubec (diocèse de Rouen). - Fondée vers 1128 par Hugues II de Gournay. Le fonds des archives de l'Eure contient d'assez nombreuses donations anciennes, depuis la fin du XIIe siècle jusqu'au commencement du XIVe, assurant à l'abbaye des possessions dans la vallée de la Seine, sur les paroisses de Courcelles, de Port-Mort, de Notre-Dame-de-l'Isle et de Pressagny-l'Orgueilleux. Ces titres établissent notamment combien la culture de la vigne était florissante, à cette époque, dans cette région de la Normandie.
Abbaye du Bec (diocèse de Rouen). - Fondée en-1034 par Herluin ; établie d'abord à Bonneville (Bonneville-Aptot), puis transférée au Bec. On sait que le chartrier de la célèbre abbaye a été en grande partie dilapidé et dispersé. Des fragments des précieux cartulaires de l'abbaye, retrouvés feuillets par feuillets et recueillis aux archives de l'Eure, le prouvent suffisamment (H. 89-93). Les chartes originales du
Bec n'ont été conservées qu'en nombre relativement insignifiant. La plus ancienne est une donation de Hugues II de Montfort, de la fin du xie siècle (H. 54).
Abbaye de Bernay (diocèse de Lisieux). - Fondée vers l'an 1000 par Judith de Bretagne, femme de Richard IL duc de Normandie. Le fonds des archives de l'Eure renferme un certain nombre de chartes du xine siècle. Le titre le plus ancien est la donation de l'église de Bolbec à l'abbaye de Bernay, en 1061, datée de Lillebonne, en présence de Guillaume le Conquérant, de l'archevêque de Rouen et des évêques de Bayeux, de Lisieux, d'Avranches et d'Evreux (H. 123).
Abbaye de Bonport (diocèse d'Evreux). - Fondée en 1190 par une charte de Richard CSur de Lion datée du Château-Gaillard. Les chartes originales conservées aux archives de l'Eure remontent à la fin du XIIe siècle ; les plus anciennes, à date certaine, sont une vente de vignes sises à Mont-Magny, consentie au profit de l'abbaye en 1190 (H. 234), et une donation de Robert, comte de Meulan, en 1197. Parmi les autres documents intéressants on peut signaler un mandement du roi Louis IX adressé au châtelain du Vaudreuil, daté de Pont-Audemer en mars 1256 (H. 187), et un curieux petit carlulaire de la fin du XIVe siècle (cartulaire des pauvres de l'hospice de l'abbaye de Bonport (H. 181).
Abbaye du Breuil-Benoît (diocèse d'Evreux). - Fondée en 1137 par Foulques de Marcilly. Un petit nombre de documents, dont trois chartes du XIIIe siècle, sont parvenus aux archives de l'Eure.
Abbaye de Couches (diocèse d'Evreux). - Fondée en 1035 par Roger Ier de Tosny, fils de Raoul de Tosny. Fonds relativement peu important, si l'on excepte les fragments d'un cartulaire du xvne siècle, en grande partie détruit par l'humidité à une époque ancienne (H. 262).
Abbaye de Cormeilles (diocèse de Lisieux). - Fondée vers 1060 par Guillaume, fils d'Osberne. Les archives de l'Eure n'ont recueilli qu'un petit nombre de documents du XVIIe et du XVIIIe siècles.
Abbaye de Corneville (diocèse de Rouen). - L'abbaye.de Corneville a remplacé en 1180 un ancien prieuré fondé en 1143 par Gislebert de Corneville. Les archives n'ont conservé qu'un petit nombre de titres de date relativement récente. Les chartes anciennes ont été détruites par un incendie vers 1290, comme le prouve la charte de confirmation des biens de l'abbaye par Guillaume II de Flavacourt, archevêque de Rouen, dont une copie du XVIIe siècle est conservée sous la cote H. 270.
Abbaye de la Croix-Saint-Leufroi (diocèse d'Evreux). - L'origine de l'abbaye peut être attribuée à l'année 692, époque du passage de saint Ouen, bien qu'elle ne paraisse avoir été organisée que quelques années plus tard par son véritable fondateur, Leufroi. Les religieux, chassés par les invasions normandes, revinrent peu après et l'abbaye fut rétablie sur le même emplacement. Parmi les documents peu nombreux recueillis aux archives de l'Eure, il y a lieu de signaler la donation originale de Raoul de Tosny portant les signatures de Guillaume le Conquérant et de la reine Mathilde, dont la date se place entre 1071 et 1083 (H. 280).
Abbaye de l'Estrée (diocèse d'Évreux). - Fondée en 1144, sur le territoire de la commune actuelle de Muzy, par Rahier, seigneur de Muzy. Les titres originaux sont parvenus en nombre insignifiant aux archives de l'Eure. Mais un cartulaire de la fin du XVe siècle (H. 319) contient les transcriptions des principaux d'entre eux. On y trouve les titres de la fondation depuis 1144, des bulles des papes Eugène III (1147), Alexandre III (1164), Lucius III (1184), Innocent III (1204-1208), Honorius III (1219), Grégoire IX (1227), Urbain IV (1262-1264), Boniface VIII (1300), etc.
Abbaye de Fécamp (diocèse de Rouen). - L'abbaye de Fécamp, en tant qu'abbaye d'hommes soumise à la règle de Saint-Benoît, a succédé à un ancien monastère de femmes fondé en 658. On fait remonter sa fondation par Richard II, duc de Normandie, à l'année 1006. Le fonds des archives de l'Eure contient seulement un plan de la ferme de Heudebouville (H. 335).
Abbaye de Grestain (diocèse de Lisieux). - Fondée vers 1050 par Herluin de Conteville, qui avait épousé Harlette, mère de Guillaume le Conquérant. Le fonds des archives de l'Eure, relativement peu important, renferme quelques donations originales de la fin du XIIe siècle et du commencement du XIIIe, notamment une bulle du pape Célestin III, de 1197, confirmant à l'abbaye de Grestain la possession des églises de Grestain et de Honfleur (H. 336).
Abbaye de l'Isle-Dieu (diocèse de Rouen). - Fondée vers 1187 dans une île de l'Andelle, à Perruel, sous les auspices du roi d'Angleterre Henri II et de Gauthier de Coutances, archevêque de Rouen. Le fonds des archives de l'Eure contient d'assez nombreuses donations originales de la fin du XIIe et du XIIIe siècles. Il y a lieu de signaler la confirmation par Henri II des possessions de l'abbaye sises en Angleterre et en Normandie, dont la date se rapporte à une époque très rapprochée de la fondation du monastère.
Abbaye d'Ivry (diocèse d'Évreux). - Fondée vers 1071 par le comte Roger d'Ivry, échanson de Guillaume le Conquérant. Parmi les titres originaux conservés aux archives de l'Eure, on remarque une bulle d'Innocent IV, de 1253, et des chartes de Henry II, roi d'Angleterre (vers 1175), de Philippe-Auguste (1205) et de Marie deBrabant, reine de France (1304).
Abbaye de Lyre (diocèse d'Évreux). - Fondée vers 1046, par Guillaume, fils d'Osberne, sénéchal de Normandie. Le fonds des archives de l'Eure est important par Je nombre et par l'intérêt historique des documents qui nous ont été conservés. On doit citer notamment : la grande charte de Lyre, de l'année 1051 environ, souscrite par Guillaume le Conquérant et par Mathilde, sa femme, relatant les donations faites à l'abbaye par Guillaume, fils d'Osberne, comte de Hereford, son fondateur et par ses premiers bienfaiteurs ; une seconde donation de Guillaume, fils d'Osberne, portant la souscription du célèbre archevêque de Cantorbéry, Lanfranc (vers 1070) ; la confirmation par Henri II, roi d'Angleterre, des donations faites à l'abbaye tant en France qu'en Angleterre (H. 438) ; un registre des délibérations capitulaires, de 1676 à 1788 (H. 582) ; un plan général des bâtiments claustraux, de l'église des jardins et de l'enclos de l'abbaye, dressé par dom Miserey en 1759 (H. 470) ; un inventaire détaillé du chartrier de l'abbaye, de 1738, en quatre volumes in-folio (H. 587-590).
Abbaye de Mortemer (diocèse de Rouen). - Fondée en 1134 sur le territoire de Lisors par Alexandre, prieur de Beaumont près Etrépagny. Le fonds des archives de l'Eure comprend de nombreuses chartes originales du XIIe et du XIII siècles, parmi lesquelles il y a lieu de signaler la pancarte relatant les principales donations faites à l'abbaye dans la seconde moitié du xne siècle (H. 592). Malheureusement la plupart des chartes en parchemin sont dans un mauvais état de conservation.
Abbaye de la Noë (diocèse d'Evreux). - Fondée en 1144 sur le territoire de la Bonneville par Mathilde, fille de Henri Ier, roi d'Angleterre. D'assez nombreuses donations et confirmations originales de la fin du XIIe et du XIIIe siècles, dont la plus ancienne est de 1174, forment la partie principale du fonds des archives de l'Eure, qui, ont recueilli en outre quatre feuillets ou fragments de feuillets d'un cartulaire de l'abbaye, de la fin du XIIIe siècle (H. 705).
Abbaye de Saint-Ouen de Rouen. - Fondée, suivant l'opinion la plus accréditée, sous le règne de Clolaire Ier mort en 561. Les archives de l'Eure ne possèdent qu'une pièce: déclaration des biens appartenant à la mense abbatiale à Saint-Pierre-de-Bailleul et à Gasny (H. 708).
Abbaye de Saint-Pierre-de-Préaux (diocèse de Lisieux). - Cette abbaye, de fondation très ancienne, fut détruite par les invasions des Normands et reconstruite par Onfroi de Vieilles vers 1034. Le cartulaire de Saint-Pierre-de-Préaux, dont on trouvera une analyse développée sous la cote H. 711, est un des documents les plus précieux des archives de l'Eure. Son importance est d'autant plus grande que les titres originaux dont il contient la transcription n'ont été conservés qu'en très petit nombre.
Abbaye de Saint-Taurin d'Évreux. - Vraisemblablement fondée au commencement du VIIe siècle et, suivant l'opinion la plus probable, restaurée une première fois, après les invasions normandes, par Richard Ier, duc de Normandie, mort en 996, puis rebâtie au commencement du XIe siècle par Richard II, son fils, mort en 1026. Le fonds des archives de l'Eure est important et comprend un assez grand nombre de titres originaux du XIIIe siècle, deux précieux cartulaires, l'un de la fin du XIIIe et du XIVe siècles, l'autre du milieu du XIIIe siècle, qui suppléent à la perte de beaucoup de chartes anciennes (H. 793-794) ; un curieux plan sur parchemin, de 1578, où sont figurés l'abbaye et les quartiers de Pannette, de la Rochette, de Cambolle et du Valesme ; les registres des délibérations capitulaires, depuis 1642 jusqu'en 1758 (H. 809-810) ; un mémorial des faits survenus à l'abbaye au XVIIe et au XVIIIe siècles (H. 811).
Prieurés d'hommes. - Les fonds des prieurés sont aux archives de l'Eure d'importance très inégale. La plupart ne renferment que quelques pièces et n'ont donné la matière que d'un petit nombre d'articles. Quelques-uns méritent d'être plus particulièrement signalés pour l'intérêt qu'ils présentent. Tels sont : le prieuré de Beaumont-le-Roger, fondé à la fin du XIe siècle par Roger de Beaumont ; le prieuré de Croth, dont la fondation remonte à 1060 et dont le fonds renferme une bulle originale de Lucius III (1184 ou 1185) ; le prieuré des Deux-Amants, à Amfreville-sous-les-Monts ; le prieuré de Maupas, à
Capelles-les-Grands, fondé en 1216 ; le prieuré de Saint-Aubin-des-Fresnes, à Amfreville-la-Campagne, dont un intéressant cartulaire du xve siècle est conservé aux Archives ; le prieuré de Sausseuse, fondé en 1119 par Richard de Tilly, et dont le fonds, qui ne renferme pas moins de 154 pièces parchemin, contient des titres originaux depuis 1180.
Communautés d'hommes. - Les fonds des communautés d'hommes renferment en général des documents moins anciens et moins importants que ceux des abbayes et des prieurés, mais qui présentent un intérêt particulier à d'autres points de vue. Il y a lieu de citer notamment : le couvent des Carmes de la Garde-Châtel, dont le fonds contient les copies anciennes et complètes des titres de sa fondation (H. 1059) ; celui de la Chartreuse de Bourbon-lès-Gaillon, qui renferme quelques titres originaux remontant à la fin du XIIe siècle, des terriers du xvne et du xvnr3 siècles, des plans et des dessins d'un haut intérêt (H. 1081-1083) et un cartulaire (H. 1144), en partie de la fin du XVIe siècle, en partie du commencement du XVIIIe siècle, qui permet à lui seul de reconstituer l'histoire de la célèbre Chartreuse fondée par le cardinal de Bourbon. D'autre part, on remarquera l'intérêt qui s'attache aux registres de comptes et aux mémoriaux des ordres religieux mendiants. Ces documents fournissent des indications exactes et souvent pittoresques sur la vie intime et sur l'organisation intérieure des couvents de jacobins, de cordeliers et de pénitents établis sur le territoire qui a formé le département de l'Eure.
Abbaye de Fontaine-Guérard (diocèse de Rouen). - On a émis plusieurs opinions sur la date de fondation de l'abbaye de Fontaine-Guérard : 1135 suivant la Neustria Pia ; vers 1198, suivant la Gallia Christiana. Il résulte du texte même du titre de fondation, égaré avant la revision de la série H dans le fonds de l'abbaye de Lyre où le classement opéré en 1888 a permis de le retrouver, que l'abbaye de Fontaine-Guérard a été fondée entre 1184 et 1190 par Robert aux Blanches Mains, comte de Leycester. Outre ce document précieux, le fonds des archives de l'Eure possède, en originaux ou en copies, un grand nombre de titres de propriété, dont 247 en parchemin, des biens et des revenus qui appartenaient à l'abbaye dans plus de quarante paroisses.
Abbaye du Neubourg (diocèse d'Évreux). - Fondée par lettres patentes de Louis XIII en 1637 et confirmée en 1639 par une bulle d'Urbain VIII. Dotée et protégée par la famille seigneuriale du Neubourg, l'abbaye prospéra rapidement, puisqu'en 1692 elle comprenait trente religieuses, deux tourières et huit domestiques (H. 1300). Le fonds recueilli aux archives de l'Eure ne renferme qu'un petit nombre de documents.
Abbaye de Saint-Amand de Rouen. - Fondée vers 1040 parle vicomte Goscelin et par Emmeline, sa femme. Une seule pièce, extrait collationné d'une déclaration des biens, de 1675, est parvenue aux archives de l'Eure.
Abbaye de Saint-Léger-de-Préaux (diocèse de Lisieux). - Fondée vers 1040 par Onfroi de Vieilles et sa femme. Aubrée sur la paroisse Saint-Michel-de-Préaux. Une partie seulement des documents que possédait le chartrier de l'abbaye est parvenue aux archives de l'Eure. Les plus anciens titres originaux, d'ailleurs peu nombreux, ne sont pas antérieurs au XIIIe siècle.
Abbayes de Saint-Nicolas de Verneuil et de N.-D. de Pacy (diocèse d'Évreux). - L'abbaye de Pacy fut fondée en 1637 par François-Alexandre d'Albret et son église consacrée par François de Péricard, évêque d'Évreux, le 28 mars 1638. Elle fut réunie en 1739 à l'abbaye de Saint-Nicolas de Verneuil. Les bénédictines de Verneuil avaient été établies en 1627 par Charlotte d'Hautemer, veuve de Pierre Rouxel de Médavy, et leur couvent fut érigé en abbaye en 1633. Vers 1660, les bénédictines de Saint-Nicolas de Verneuil étaient " au nombre de quarante-cinq pauvres religieuses " (H. 1336).
Abbaye de Saint-Sauveur d'Évreux. - Fondée vers 1060 par Richard, comte d'Évreux, reconstruite et transférée à la fin du XIIe siècle sur l'emplacement qu'elle a occupé jusqu'à la Révolution. Le fonds conservé aux archives de l'Eure est relativement important et comprend de nombreux titres originaux depuis la fin du XIIe siècle.
Abbaye du Trésor (diocèse de Rouen). - Fondée en janvier 1227 (a. s.) sur le territoire de Bus-Saint-Rémy par Raoul du Bus. Le fonds des archives de l'Eure, qui ne renferme pas moins de 230 pièces parchemin et de 900 pièces papier, contient, outre le titre original de fondation (H. 1366), de nombreuses chartes originales du XIIIe siècle et un inventaire détaillé du chartrier de l'abbaye, de 1760 (H. 4418).
Prieuré de Chaise-Dieu. - Fondé au XIIe siècle. Les titres originaux sont peu nombreux aux archives de l'Eure et ne sont pas antérieurs à 1209. Un cartulaire du XVIIe siècle a conservé la transcription des principales chartes, du XIIe et du XIIIe siècles, que renfermait le chartrier du prieuré.
Couvents et communautés de femmes. - La plupart de ces fonds ne sont représentés aux archives de l'Eure que par un petit nombre de pièces. Les plus importants sont ceux des Annonciades de Gisors, des
Bénédictines d'Andely, des Ursulines d'Andely, d'Évreux et de Gisors.
Ordres militaires religieux. - Des trois commanderies représentées aux archives de l'Eure, celle de Saint-Étienne-de-Renneville a laissé les plus nombreux documents, la plupart dans un mauvais état de conservation et de date relativement récente, les chartes anciennes étant conservées aux Archives nationales à Paris. Cette dernière observation s'applique également aux commanderies de Bourgoult et de Chanu.
Hospices. - Les anciens établissements hospitaliers, existant sur le territoire du département de l'Eure, ont en général conservé leurs chartriers. Aussi les fonds des hospices sont peu importants et ne comprennent que quelques pièces recueillies par hasard aux Archives départementales.
Informations sur le traitement
GEORGES BOURBON, Archiviste de l'Eure.
Informations sur la descriptionEvreux, le 23 novembre 1892.
Mots clés typologiques
Autres Cotes
Date
Autres Cotes
Date
Autres Cotes
Date
Description physique
Présentation du contenu
Dans son état ancien, ce registre comprenait seulement soixante-dix feuillets, actuellement cotés 43 à 112, et renfermant les transcriptions du XIIIe siècle avec quelques additions postérieures jusqu'en 1331. Les autres feuillets (1 à 42 et 115 à 122) ont été ajoutés vers 1767, au moment de la reliure du cartulaire.
Fol. 1. Note sur la pragmatique sanction expulsant les jésuites d'Espagne en 1767.
Fol. 2-42. Titre du cartulaire et table alphabétique des principaux noms de personnes, des noms de lieux et des matières, « avec des remarques sur les usages, les droits, les mots latins ou françois, singuliers, rares et extraordinaires, en un mot tout ce qui peut être nécessaire, utile, curieux et intéressant », rédigée en 1767, par Biard, feudiste à Évreux. « Ce cartulaire est connu sous le nom de petit cartulaire ; il étoit autrefois couvert de planches, ycelles couvertes en veau ; il contient la copie de beaucoup de titres dont on n'a plus les originaux ; les juges y ont eu cependant souvent égard, comme on le voit dans plusieurs sentences où il est cité ; il a été écrit par plusieurs personnes et en différens temps ; la plus grande partie est du treizième siècle. ».
Fol. 43.-48. Bail à fieffe passé par Jean de Martigni, abbé, et le couvent de Saint-Taurin, à Henri de Plasnes, clerc de l'abbaye, et à ses enfants, d'une terre appelée « Esperlenbosco », sise à Périers, au pays de Coutances, moyennant une somme de 60 livres tournois et une rente annuelle de 20 sous (1207) ; enquête par témoins, procédures et sentences, suivies ou rendues devant les juridictions des baillis de Gisors et de Verneuil, du vicomte d'Évreux et de l'Échiquier de Rouen, au sujet de l'hommage dû à l'abbaye par Renou Houpequin (1235) et par Oger, son fils (1248), à cause du fief du Buisson-Amauri, des droits de l'abbaye pendant la dixième semaine et pendant la foire de Saint-Taurin (1249-1269), de la prétention élevée par Philippe Le Cuisinier, de jouir du fief de la cuisine de l'abbaye (1263), d'une condamnation à mort prononcée contre un voleur pris par le fermier de l'abbaye à Périers (1285) ; accord passé entre l'abbaye, d'une part, et Thomas de Louviers, d'autre part, au sujet du droit de patronage de la paroisse de Louviers et des services féodaux dus à l'abbaye par ledit Thomas à cause de son fief de Louviers. Aux termes de cette transaction, il devait y avoir à Louviers une église principale et une chapelle (la chapelle de Saint-Jean) desservies chacune par un prêtre. Les revenus et les émoluments de ces deux églises étaient partagés entre les desservants et l'abbaye (1218. Témoins : Luc, évêque d'Évreux ; Geoffroi, abbé de la Croix-Saint-Leufroi ; Raoul, doyen, et Robert d'Aviron, chanoine d'Évreux, etc.).
Fol. 50. Relevé des amendes perçues par l'abbé de Saint-Taurin en 1293 et 1294 pour condamnations prononcées contre des délinquants pendant la durée de la foire Saint-Taurin.
Fol. 51. Relevé des amendes perçues pour le même motif en 1297 : « Veez chi les nons de ceux qui firent les amendes es foires Saint-Taurin, desqueles amendes l'abbé de Saint-Taurin fist rechoinre sa moitié par dant (sic) Renaut, ballif de l'ostel, et combien l'en rechut de chascun et pour quoi et de quel serjanteries les amendanz estoient. ».
Fol. 53. Mandement de Philippe le Bel, roi de France, adressé à son bailli de Caen et à ses autres baillis et justiciers, pour leur rappeler que son aïeul Louis IX avait autorisé les églises et les personnes ecclésiastiques à acquérir librement les dîmes féodales, et leur prescrire de laisser jouir des bénéfices de ce privilège le chapitre de Bayeux pour toutes les dîmes acquises ou possédées par lui (1294).
Fol. 54. Relevé des amendes perçues par l'abbé de Saint-Taurin des délinquants condamnés pendant les huit jours de la foire Saint-Taurin en 1299, 1308, 1309 et 1310 (Pierre de Miserey condamné à 12 deniers d'amende pour injures adressées à Petit Guilles et Petit Guilles à 5 sous pour avoir donné un soufflet à Pierre de Miserey, « quia percussit eum de palma in maxillam »).
Fol. 55. Vente à l'abbaye par Jean Luillier, de Magny, d'une rente de 7 livres parisis assignée sur des terres situées à Menerville et aux environs, pour le prix de 100 livres parisis (1331).
Fol. 56. Confirmation des possessions de l'abbaye par Louis IX, roi de France (1257) ; notification par le bailli de Gisors d'un jugement de l'Échiquier de Rouen, de 1287, maintenant les religieux de Saint-Taurin dans la possession et jouissance de leurs droits d'usage dans la forêt d'Évreux : « jugiez fut et prononcié par droit que l'empeeschement que le visconte d'Évreux avoit mis eu pasnage et costume desus diz seroit osté et que les diz religieux demorroient en tele possession et en tele saisine des diz pasnage et costume comme eus estoient quant le dit empeeschement i fut mis. ».
Fol. 57-60. Confirmation par Richard CSur de Lion, roi d'Angleterre, des donations faites à l'abbaye depuis la fin du Xe siècle : « Ricardus Dei grafia rex Anglorum, etc.. Sciatis nos concessisse et presenti carta confirmasse Deo et ecclesie beati Taurini, primi Norman-norum episcopi, pro salute anime nostre et antecessorum et successcrum nostrorum donationes quas antecessores nostri suo tempore et barrones eorum eidem ecclesise fecerunt, que donationes et qui eas donaverunt in presenti carta subscribuntur... (suit la transcription par extraits des donations, au nombre de trente-sept, dont la plus aucienne est celle de Richard 1er, duc de Normandie, (943-996), restaurateur de l'abbaye, « qui abbatiam in honore Sancti Taurini Ebroicensis instituit »)... Has predictas donationes, sicut rationabiliter facte sunt, prefate abbatie Sancti Taurini et monachis ibidem Deo servientibus confirmamus. Testibus : Garino, Ebroicensi, Willelmo, Lexoviensi episcopis ; Willelmo, filio Radulfi, tune senescallo Normannise ; Roberto de Harecort ; Waukelino de Ferreriis ; Henrico de Grai, et pluribus aliis. Data apud Wallem Rodolii, XVe die januarii, per manum Willelmi Gl. (lisez. : El [yensis]) episcopi, cancellarii nostri. Anno VIe regni nostri » (1195).
Fol. 61. Donation à l'abbaye par Simon le Chauve, comte d'Évreux, de la dîme de son moulin situé près de la porte aux Fèvres, de deux jours de foire le second dimanche après la Pentecôte et le lundi suivant avec tous les droits de coutumes lui appartenant pendant ces deux jours, de la dîme de son moulin tanneret situé dans la rue Chartraine et de la dîme des nouveaux étaux situés auprès de Saint-Léger. Simon le Chauve confirme en outre aux religieux de Saint-Taurin la jouissance de la dixième semaine de sa prévôté d'Évreux, avec tous les droits en dépendants, qui leur avait été concédée par son père (s. d. vers 1170 ? Témoins : Hugues de Baquepuis ; Alexandre d'Auteuil ; Georges Nee l ; Raoul Galopin ; Gautier sine Napa ; Geoffroi de Montfort ; Gilbert, prieur de Saint-Taurin ; Jean de la Sôgne ; Raoul du Jardin ; Richard le Meunier). Diplôme de Philippe-Auguste, roi de France. Le roi, après avoir rappelé que les religieux de Saint-Taurin possédaient un jour de foire à Évreux, le jour de la fête de Saint-Taurin, avec la jouissance de tous les revenus de la prévôté et de la vicomté, leur accorde, sur leur demande, la prolongation de cette foire pendant les sept jours suivants, à la condition de partager par moitiés les revenus de ces huit jours de foire (Évreux, 1207).
Fol. 62. Donation à l'abbaye par Robert (IV) comte de Meulent, d'une rente de 20 sous d'Angevins assignée sur ses censives de Beaumont (s. d. Fin du XIIe siècle) ; id., d'une masure avec 60 acres de terre et divers droits d'usage dans sa forêt de Brotonne ; en outre, des redevances en poissons et en argent qui lui étaient dues par les pêcheurs pendant la semaine de la fête de Saint-Taurin (1203).
Fol. 63. Donation à l'abbaye par Hugues II de Morville, évêque de Coutances, de l'église de Périers et de ses dépendances ; l'évêque concède en outre aux religieux de Saint-Taurin deux gerbes de dîme sur les terres de la paroisse de Vaudrimesnil, où ils possédaient le droit de champart (1208) ; remise à l'abbaye, entre les mains de l'abbé Ranulphe I, par Richard II de Bohon, évêque de Coutances, de l'église Saint-Pierre de Millières, que Richard de Millières et Etienne, son frère, avaient reconnu posséder injustement (1154).
Fol. 64. Lettres de Richard II de Bohon, évêque de Coutances, adressées à Lambert, abbé de Saint-Taurin, pour lui notifier la soumission de son clerc Eudes, curé de Millières, et l'abandon par lui consenti au profit de l'abbaye, d'une partie des revenus qu'il percevait sur l'église de Millières (s. d. 1157-1159) ; donation à l'abbaye par Luc, évêque d'Évreux, d'une troisième gerbe de dîme appartenant à la cure et à la vicairie de Cissey, à ajouter aux deux que les religieux possédaient déjà ; en outre, d'une rente de 7 livres assignée sur la vicairie de l'église Notre-Dame de Caudebec (1215).
Fol. 65-68. Donations, cessions et confirmations au profit de l'abbaye : par Robert Louvet, de tous ses droits sur la dîme de Caudebec (1206), par Hugues de Aurea Valle, de ses droits de présentation et autres sur la chapelle Saint-Georges de Aurea Valle (1207), par Jean de Grimonval (1213) et par Hugues de Grimon-val (s. d. Fin du XIIe siècle), de droits de dîmes et d'une grange à Grimonval, : par Roger de Thomer, chevalier, d'une terre donnée à l'abbaye par Etienne, son père, et située près de son bois de Thomer (1211), par Heluisa de Bastigny, d'une rente d'un demi-muid de blé assignée sur ses droits de moûte à Prey (1206), par Robert de Neuilly, de douze arpents de terre à la Forêt-du-Parc (1208), par Roger du Bois-Morin, de tous ses droits sur la dîme du Bois-Morin (1207), par Thomas Gelinel, chevalier, de tous les droits qu'il pouvait réclamer de l'abbaye, par Gautier, diacre, fils de Marie Maréchal, d'une maison qu'il possédait à Évreux, dans la rue Saint-Taurin (1211), par Amauri Pullus, de la dîme de ses moulins de Grisolles (1215) ; accord passé entre l'abbaye de Lessay, d'une part, et celle de Saint-Taurin, d'autre part, au sujet de leurs droits respectifs dans la paroisse de Millières relevant de la seigneurie de Périers (1206).
Fol. 69-72. Accord passé entre l'abbaye, d'une part, le prieur et le couvent des lépreux de Saint-Nicolas d'Évreux, d'autre part, au sujet d'une rente de quatre pains par semaine que les religieux de Saint-Taurin devaient à la léproserie. L'abbaye se libère de cette rente en payant au prieuré de Saint-Nicolas une somme de 70 sous tournois (1211). Confirmation de cette transaction par Luc, évêque d'Évreux ; donation à l'abbaye par Hugues « de Lacie », des biens suivants situés en Irlande : « ecclesias Fore (aliàs Favorise) et décimas de honore ejusdem ville, et décimas de Tyrebegan et totum Tyrefeihred in dominio suo, et molendinum in Fore, quod dicitur molendinum Sancti Fisquini, et nemus juxta eandem villam ad habitationem monachorum, quod appellatur Seculum Nemus » (s. d.). Confirmation de cette donation par N..., évêque de Kenlis (Cenonensis), et par E..., archevêque d'Armach (Armachanus) et primat d'Irlande (1206) ; donations à l'abbaye de terres situées apud Burrin, apud Favoriam, apud Culcarmoc, par Gautier « de Lascy » et Herbert de Mare (s. d.) ; donation à l'abbaye par Robert Lupulus, Fulbert, son gendre, et Hugues d'Avrilly, des terres de la Sôgne relevant du comte d'Évreux, des dîmes d'Avrilly et de deux cents acres de terre dans la même paroisse (s. d.). Confirmation de cette donation par Guillaume, comte d'Évreux, fils de Richard (s. d. 1067-1118) ; donation et confirmation au profit de l'abbaye de terres situées à Quessigny et à la Forêt-du-Parc (picturica villa), s. d. ; donation à l'abbaye par Richard, comte d'Évreux, avec le consentement de Godehylde, sa femme, et de Guillaume, leur fils, des trois droits de coutume qu'il possédait sur tous les habitants de la terre de Saint-Taurin et sur ceux qui y recevaient l'hospitalité pendant une nuit, savoir : le droit de haute justice (sanguis), celui de septenage et celui de tonlieu. Le donateur abandonne en outre aux religieux les droits de marché, de bourgage et de foire qu'il avait coutume de percevoir sur les hommes de Saint-Taurin (s. d. 1037-1067).
Fol. 73-79, Donations, cessions et confirmations au profit de l'abbaye : par Roger du Bois-Gencelin (1209), Azyrie (1208), Robert du Bois-Gencelin, son fils, et Guillaume, frère dudit Robert (1203-1208), de terres situées au Bois-Gencelin, par Robert de Dardez, d'une rente de sept livres que lui avait donnnée Amauri (III), comte d'Évreux, ladite rente assignée sur les moulins du comte d'Évreux à Arnières (1209). Cette donation est suivie de la confirmation d'Étienne de Dardez, frère du donateur, (1209) et des donations de 160 sous tournois de rente sur les moulins d'Arnières, faites audit Robert de Dardez par le comte Amauri à l'occasion de sa croisade en Terre-Sainte, à la charge par ledit Robert de Dardez de lui faire hommage d'une paire d'éperons dorés (s. d. Vers 1190-1191), par Raoul Harenc, de Gauville, d'une rente de 50 sous assignée sur ses revenus d'Évreux, et, à défaut, sur sa terrre et sur ses hôtes du Bosc-Roger (1203), par Robert du Bois-Gencelin, de quatre acres de terre et de bois situées « in loco qui dicitur Mons Osol » (1203), par Robert, fils de Guillaume, de cinq acres de terre situées aux monts de Croisy (s. d. Fin du XIIe siècle. Cette donation est faite pour l'entretien de deux moines servants dans l'église Saint-Antonin de Pacy), par Richard de Garencières, de la dîme des nouveaux essarts de son fief de Garencières (s. d. Fin du XIIe siècle), par Adam de Cavoville, de douze acres de terre situées « apud boscum Ricardi » (s. d. 1181-1192), par Guillaume de Ange, chevalier, d'un hôte apud Estemare. Cet hôte, nommé Richard, devait payer annuellement les redevances suivantes : dix sous et deux oies à la Saint-Rémy, quatre chapons et quatre deniers à Noël, quarante Sufs à Pâques (1204), par Roger Pescheveron, chevalier, d'une rente d'un setier de blé assignée sur ses revenus de Miserey (1211), par Philippe d'Aulnay, chevalier, d'une certaine redevance (corredium) vulgairement appelée charité, qui lui était due à la foire de Saint-Laurent-des-Bois (1211).
Fol. 80. Accord entre l'abbaye du Breuil-Benoît, d'une part, et l'abbaye de Saint-Taurin, d'autre part, au sujet de la dîme de quatre-vingt-douze acres de terre que les religieux du Breuil cultivaient dans la paroisse de GrossSuvre, près de la chapelle de la Sainte-Trinité appartenant aux religieux de Saint-Taurin (vers 1190) ; donation à l'abbaye par Robert Jherusalemer, bourgeois d'Évreux, d'une rente de trois sous et un chapon assignée sur une maison située à Evreux « in vico qui dicitur La Gihaude, ante furnum burgi » (1216).
Fol. 81-84. Bulles d'Innocent III. Le pape prend sous sa protection tous les biens de l'abbaye légitimement acquis et confirme spécialement aux religieux de Saint-Taurin, la possession des églises Notre-Dame de de Louviers, Saint-Antonin de Pacy et de Périers (Latran, 2 des calendes d'avril, la onzième année du pontificat. 1208) ; bulles d'Innocent IV. Le pape accorde aux religieux de Saint-Taurin le privilège de ne pouvoir être contraints par lettres apostoliques à recevoir les provisions d'un pensionné ou d'un bénéficier ecclésiastique, si ces lettres ne font pas expressément mention du présent privilège (Lyon, nones de janvier, la quatrième année du pontificat. 1247) ; bulles d'Honorius III. Le pape confirme, en les énumérant, les biens, possessions, revenus, droits et privilèges de l'abbaye (Latran, 8 des calendes de mai, la première année du pontificat. 1217) ; donation à l'abbaye par Guillaume Havart, chevalier, de tous les droits de dîmes qu'il possédait à Longueville, paroisse de Saint-Marcel (1219) ; bulles d'Honorius III. Le pape confirme à l'abbaye la possession des églises de Saint-Pierre de Périers et de Cissey, qui lui avait été conférée par les évêques de Coutances et d'Évreux (Latran, 17 des calendes d'avril, la cinquième année du pontificat. 1221).
Fol. 85-88. Renonciation au profit de l'abbaye par Raoul Mauvoisin, chevalier, seigneur de Saint-André, à tous ses droits de dîme prétendus sur son pré de Saint-André, récemment mis en culture (1228) ; bail à fieffe passé par Richard de Bellevue, évêque d'Évreux, à Guillaume III de Courdieu, abbé de Saint-Taurin, et à ses successeurs, de sa métairie du Valesme et de Panette, avec son manoir de la Rochette et les précaires qui lui étaient dus, moyennant une rente annuelle de douze muids de blé, quatre de froment, quatre de méteil et quatre d'avoine. L'évêque concède en outre aux abbés de Saint-Taurin le droit de pâturage dans ses bois et dans ses pâtures communes et le droit de panage pour cent porcs (1227) ; accord entre l'abbaye, d'une part, et Henri de Sassey, d'autre part, au sujet des dîmes de Sassey (1227) ; donations à l'abbaye : par Guillaume de la Ferté, chevalier, dont le père, Simon de la Ferté, avait sa sépulture dans l'église Saint-Taurin, d'une rente de deux setiers de blé commun assignée sur le moulin de Blandey (1226), par Raoul « de Tuit », clerc, d'une rente d'un demi-muid de vin blanc et d'un demi-muid de vin rouge assignée sur les vignes de Vernon, etc. (1224. Cette donation est suivie de la confirmation de Jean « de Tuit » frère dudit Raoul), par Denise, fille de Philippe Rousel, de tout ce qu'elle possédait, soit en terres, en masures, en maisons, etc., à Évreux, à la Sôgne et à Avrilly (1222), par Arnoul « de super Montem », de la dîme de vingt-six acres de terre faisant partie de son fief (1211), par Herbert de Fourques, de ses droits de dîmes de Chantepie et de la Brosse (1227), par Raoul Chanu, chevalier, de trente arpents de terre à Jersei (1230), par Guillaume des Minières, chevalier, d'une rente de quatre setiers de blé assignée sur son moulin du Sacq, appelé le moulin aux Fèvres (1231. Le produit de cette donation devait être employé en acquisition délivres), par Isabelle, veuve de Roger du Bosc, chevalier, sSur de feu Richard de Tournebu, chevalier, d'une rente de quarante sous assignée sur quatre pièces de terre situées dans la paroisse de Guichainville (1237) ; confirmation par Robert II Poulain, archevêque de Rouen, de l'accord conclu entre lui, d'une part, et Jean de Martigni, abbé de Saint-Taurin, d'autre part, au sujet des droits que l'abbaye de Saint-Taurin prétendait avoir, aux termes de la charte du roi Richard CSur de Lion, sur le manoir et sur la forêt de Louviers appartenante l'archevêque (Latran, 2 décembre 1214).
Fol. 89-94. Bulles d'Honorius III. Le pape autorise les religieux de Saint-Taurin à percevoir les dîmes novales dans les paroisses où ils ont droit de percevoir d'anciennes dîmes et dans une proportion correspondante à l'importance de ces dernières (Rieti [Reate], le 3 des calendes d'août, la dixième année du pontificat. 1225) ; donation et confirmation à l'abbaye par Guillaume des Minières, chevalier, seigneur de Corneuil, d'une rente de quatre setiers de blé assignée sur le moulin aux Fèvres, paroisse du Sacq, et d'une autre rente de 20 sous à percevoir sur Marc de Corneuil, son tenancier (1246) ; vente à l'abbaye par Raoul des Planches, bourgeois de Louviers, d'un pré et d'un jardin, avec un chemin et un grenier situés près du moulin Jourdain, entre le fief de l'archevêque de Rouen et celui des religieux de Saint-Taurin, pour le prix de 298 livres et 10 sous tournois (1249) ; id., par Henri Le Roux, du terrain servant d'emplacement au moulin du Vent récemment édifié par les religieux de Saint-Taurin (1252) ; reconnaissances au profit de l'abbaye par Onfroi Le Bruant, Jeanne, veuve de Toustain Le Bruant, et leurs héritiers, de rentes seigneuriales assignées sur le fief de la Bruanderie (1253).
Fol. 95-100. Donations à l'abbaye par Raoul des Planches, bourgeois de Louviers, de sa maison du Martrey (1256) et d'une autre maison, construite en pierre, située près de la grange de Pierre Berselon (1251) ; bail à ferme perpétuelle passé par le chapitre d'Évreux aux religieux de Saint-Taurin de la dîme que les huit chanoines de l'ancienne fondation avaient droit de prélever sur deux acres de terre appartenant à l'abbaye, moyennant une rente annuelle de deux setiers d'orge. Les considérants de ce contrat rappellent que les religieux de Saint-Taurin avaient fait clore de mur ces deux acres de terre, ce qui en rendait l'accès difficile aux décimateurs (1252) ; accord passé entre Marguerite, abbesse, et le couvent du Trésor, d'une part, et l'abbaye de Saint-Taurin, d'autre part, au sujet de la perception des droits de dîme appartenant à l'abbaye de Saint-Taurin sur des terres situées paroisse Saint-Rémy, près de l'abbaye du Trésor, triège « de Longo Busco » (1258) ; vente à l'abbaye par Oger Houpequin, fils de feu Renou Houpequin, chevalier, d'un héritage situé à Évreux, au Buisson, paroisse de Saint-Aquilin, pour le prix de 100 livres tournois (1260) ; id., par Guillaume Corbet, d'une rente de 2 sous parisis assignée sur une grange située dans la paroisse Saint-Germain de Croisy, pour le prix de 20 sous parisis (1260) ; id., par Robert La Pie, d'une masure avec son contenu (cum sua garnestura), située à Saint-Marcel de Longueville, près de la vigne des religieux de Saint-Taurin appelée les Plantes, pour le prix de 42 sous tournois (1262).
Fol. 101-105. Vente à l'abbaye, par Simon de Bernienville, d'une pièce de terre située à Évreux, paroisse Saint-Aquilin, aux Ardillières, pour le prix de 16 livres tournois (1263) ; bail à fieffe passé par l'abbaye du Bec à celle de Saint-Taurin du pré que les religieux du Bec possédaient à Évreux, appelé le pré du Bec, borné d'un côté le pré des religieux de Saint-Taurin, d'autre côté le fief de l'évêque d'Évreux, d'un bout le grand chemin du Roi et d'autre bout les bains de Saint-Taurin (1251) : engagement pris par un certain nombre de tenanciers de l'abbaye de Saint-Taurin au sujet des obligations résultant pour eux de la banalité du moulin de Saint-Taurin situé dans la paroisse de Saint-Aquilin (1290) ; transaction passée entre le maire et les habitants de Nonancourt, d'une part, et l'abbaye, d'autre part, au sujet des droits de coutume dus à l'abbaye le jour de la foire de Saint-Laurent-des-Bois, « Saint Lorenz en la Campaigne joste Marcilly ». La transaction décide que les habitants de Nonancourt seront exempts de tous droits de coutume à l'occasion de ladite foire moyennant le payement à l'abbaye d'une rente annuelle de cinq sous tournois (1290) ; jugement du bailli de Gisors, rendu aux assises d'Évreux et dispensant les religieux de Saint-Taurin, contrairement aux prétentions de Richard Parcheval, chevalier, de se dessaisir d'une rente de deux setiers de blé et deux chapons qu'ils avaient achetée dans le fief dudit Richard Parcheval (1288) ; lettres de Denis Bataille, bailli de l'archevêque de Rouen, énumérant, d'après l'enquête testimoniale par lui faite, les droits d'usage appartenant aux religieux de Saint-Taurin dans la forêt de l'archevêque à Louviers (1288).
Fol. 106-112. Autorisation donnée aux religieux de Saint-Taurin par Jean de Marle, bailli de Gisors et de Vernon, d'après les ordres du Parlement de Paris auquel l'abbaye s'était adressée, « de fere deus arches et deus piliers en mi l'iaue » sur le bras de la rivière d'Iton traversant l'enclos de l'abbaye, afin de réunir les anciens murs dudit enclos aux murs nouvellement construits, « pour retrere dudit clos le commun de la gent et de la ribaudaille, que els n'i entrassent... En tele manière qu'il facent les dites arches si hautes que li pescheeur et tuit cil qui en la dite rivière ont lour usage de pechier puissent passer par dessouz et user de lour usage si comme devant » (1290) ; lettres de Philippe-Auguste, roi de France, accordant ou confirmant à l'abbaye des droits d'usage dans la forêt d'Évreux. Le Roi accorde notamment aux religieux de Saint-Taurin vingt-six charretées de bois à deux chevaux par an, pour être employé au lavage de leur linge en dehors de l'enclos de l'abbaye, en considération de ce qu'il était malséant que les femmes habituées à faire la lessive se livrassent à cette occupation dans l'enclos de l'abbaye et au milieu des religieux (1191) ; fondation par l'abbaye de Saint-Taurin d'un hospice pour les pauvres sur un emplacement donné par elle, à la prière des habitants de Louviers, et faisant partie de son domaine de Louviers. Par le même acte, Guillaume Le Maçon est nommé administrateur de cet hospice sous le commun contrôle des religieux de Saint-Taurin et des bourgeois de Louviers (1212) ; donation à l'abbaye par Georges Neel et Eustachie, sa femme, d'une rente de deux muids de blé assignée sur leurs dîmes de Prey et confirmation par les mêmes de la donation des dîmes du fief de Miserey faite à l'abbaye par Robert Neel (s. d.) ; relevé des rentes en vin rouge et en vin blanc dues à l'abbaye sur les vignes de Longueville ; attestation délivrée par les exécuteurs testamentaires de Richard de Belle-vue, évêque d'Évreux, pour établir que si lors du service funèbre de l'évêque, célébré, suivant l'usage, dans l'église Saint-Taurin, les religieux de Saint-Taurin avaient fourni le luminaire, c'avait été de leur plein gré, et que la somme de 25 sous tournois qui leur était due pour ce luminaire leur avait été remboursée sur les biens de l'évêque défunt (1237).
Fol. 113. Attestation de l'hommage prêté à l'abbé de Saint-Taurin par Jean du Martrey, dans la cour du manoir de l'abbaye à Louviers et suivant la forme accoutumée (1306).
Fol. 114. Copie (transcrite au commencement du XVIIe siècle) de l'épitaphe de Benoît Le Duc, abbé de Saint-Taurin, décédé le 22 février 1503 : « Hic jacet bonx mémorix Benedictus Le Duc, hujus cxnobii abbas per XIII annos, beati Benedicti regulx sedulus observator, qui postquam hujus chori cathedras et pulpitum strui fecit, animam efflavit anno Domini millesimo quingentesimo secundo, die XXII februarii, cujus anima pace xterna fruatur. Amen. Pater noster. Ave. »
Fol. 115-122. Copie de la charte de confirmation par Richard CSur de Lion, roi d'Angleterre, des biens et des possessions de l'abbaye, datée du Vaudreuil, le 15 janvier 1195. (Copie collationnée en 1767 par les notaires d'Évreux sur le titre original représenté par le sieur Gilles Biard, agent de l'abbaye de Saint-Taurin.).
Mots clés lieux
Mots clés personnes
Ce site utilise des cookies techniques nécessaires à son bon fonctionnement. Ils ne contiennent aucune donnée personnelle et sont exemptés de consentements (Article 82 de la loi Informatique et Libertés).
Vous pouvez consulter les conditions générales d’utilisation sur le lien ci-dessous.