Collection des inventaires sommaires des archives départementales antérieures à 1790

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Autres Cotes

H 1-1823

Date

901-1900

Organisme responsable de l'accès intellectuel

Archives départementales de l'Eure

Présentation du contenu

Ce volume contient, dans ses 1730 articles, l'inventaire sommaire de la série H en entier, comprenant les fonds des abbayes, des prieurés, des couvents et communautés, des ordres militaires religieux et des établissements hospitaliers qui existaient, avant 1790, dans l'étendue actuelle du département de l'Eure, ou qui, bien que n'y ayant pas leur siège principal, y possédaient des biens. Ces fonds, qui en 1848 étaient au nombre de 59, avaient atteint en 1870 le chiffre de 74. Ils s'élèvent aujourd'hui à 124 et se répartissent comme il suit : vingt abbayes d'hommes, dont 17 étaient situées sur le territoire actuel du département de l'Eure et 3 dans la Seine-Inférieure : 12 appartenaient à l'ordre de Saint-Benoît, 6 à l'ordre de Cîteaux, 1 à l'ordre de Saint-Augustin et 1 à l'ordre de Prémontré ; - quarante prieurés d'hommes ; - 2 couvents de Carmes, 1 de Capucins, 1 de Célestins, 2 de Chartreux, 6 de Cordeliers, 1 de Jacobins, 1 de Mathurins et 4 de Pénitents ; - huit abbayes de femmes, dont 7 étaient situées dans l'Eure et 1 dans la Seine-Inférieure : 6 appartenaient à l'ordre de Saint-Benoît et 2 à l'ordre de Cîteaux ; - 1 prieuré de l'ordre de Fontevrault ; - 1 couvent d'Annonciades, 2 d'Augustines, 7 de Bénédictines, 3 de Carmélites, 2 de Dominicaines, 1 de Franciscaines, 5 d'Ursulines, 2 Congrégations ; - trois commanderies de l'ordre de Malte : - douze établissements hospitaliers.

L'histoire d'institutions aussi nombreuses et d'un caractère aussi différent ne pourrait rentrer dans le cadre d'une introduction à l'inventaire sommaire des archives qu'elles ont laissées et qui ne représentent, malgré leur importance relative, qu'une faible partie de celles qu'elles possédaient autrefois. Il nous a paru intéressant toutefois de rappeler, en ce qui concerne les abbayes, la date de leur fondation ainsi que les noms de leurs fondateurs, de signaler l'intérêt des principaux fonds inventoriés et de mentionner les documents qui méritent d'attirer particulièrement l'attention par leur ancienneté ou par leur valeur intrinsèque.

Abbaye de Beaubec (diocèse de Rouen). - Fondée vers 1128 par Hugues II de Gournay. Le fonds des archives de l'Eure contient d'assez nombreuses donations anciennes, depuis la fin du XIIe siècle jusqu'au commencement du XIVe, assurant à l'abbaye des possessions dans la vallée de la Seine, sur les paroisses de Courcelles, de Port-Mort, de Notre-Dame-de-l'Isle et de Pressagny-l'Orgueilleux. Ces titres établissent notamment combien la culture de la vigne était florissante, à cette époque, dans cette région de la Normandie.

Abbaye du Bec (diocèse de Rouen). - Fondée en-1034 par Herluin ; établie d'abord à Bonneville (Bonneville-Aptot), puis transférée au Bec. On sait que le chartrier de la célèbre abbaye a été en grande partie dilapidé et dispersé. Des fragments des précieux cartulaires de l'abbaye, retrouvés feuillets par feuillets et recueillis aux archives de l'Eure, le prouvent suffisamment (H. 89-93). Les chartes originales du

Bec n'ont été conservées qu'en nombre relativement insignifiant. La plus ancienne est une donation de Hugues II de Montfort, de la fin du xie siècle (H. 54).

Abbaye de Bernay (diocèse de Lisieux). - Fondée vers l'an 1000 par Judith de Bretagne, femme de Richard IL duc de Normandie. Le fonds des archives de l'Eure renferme un certain nombre de chartes du xine siècle. Le titre le plus ancien est la donation de l'église de Bolbec à l'abbaye de Bernay, en 1061, datée de Lillebonne, en présence de Guillaume le Conquérant, de l'archevêque de Rouen et des évêques de Bayeux, de Lisieux, d'Avranches et d'Evreux (H. 123).

Abbaye de Bonport (diocèse d'Evreux). - Fondée en 1190 par une charte de Richard CSur de Lion datée du Château-Gaillard. Les chartes originales conservées aux archives de l'Eure remontent à la fin du XIIe siècle ; les plus anciennes, à date certaine, sont une vente de vignes sises à Mont-Magny, consentie au profit de l'abbaye en 1190 (H. 234), et une donation de Robert, comte de Meulan, en 1197. Parmi les autres documents intéressants on peut signaler un mandement du roi Louis IX adressé au châtelain du Vaudreuil, daté de Pont-Audemer en mars 1256 (H. 187), et un curieux petit carlulaire de la fin du XIVe siècle (cartulaire des pauvres de l'hospice de l'abbaye de Bonport (H. 181).

Abbaye du Breuil-Benoît (diocèse d'Evreux). - Fondée en 1137 par Foulques de Marcilly. Un petit nombre de documents, dont trois chartes du XIIIe siècle, sont parvenus aux archives de l'Eure.

Abbaye de Couches (diocèse d'Evreux). - Fondée en 1035 par Roger Ier de Tosny, fils de Raoul de Tosny. Fonds relativement peu important, si l'on excepte les fragments d'un cartulaire du xvne siècle, en grande partie détruit par l'humidité à une époque ancienne (H. 262).

Abbaye de Cormeilles (diocèse de Lisieux). - Fondée vers 1060 par Guillaume, fils d'Osberne. Les archives de l'Eure n'ont recueilli qu'un petit nombre de documents du XVIIe et du XVIIIe siècles.

Abbaye de Corneville (diocèse de Rouen). - L'abbaye.de Corneville a remplacé en 1180 un ancien prieuré fondé en 1143 par Gislebert de Corneville. Les archives n'ont conservé qu'un petit nombre de titres de date relativement récente. Les chartes anciennes ont été détruites par un incendie vers 1290, comme le prouve la charte de confirmation des biens de l'abbaye par Guillaume II de Flavacourt, archevêque de Rouen, dont une copie du XVIIe siècle est conservée sous la cote H. 270.

Abbaye de la Croix-Saint-Leufroi (diocèse d'Evreux). - L'origine de l'abbaye peut être attribuée à l'année 692, époque du passage de saint Ouen, bien qu'elle ne paraisse avoir été organisée que quelques années plus tard par son véritable fondateur, Leufroi. Les religieux, chassés par les invasions normandes, revinrent peu après et l'abbaye fut rétablie sur le même emplacement. Parmi les documents peu nombreux recueillis aux archives de l'Eure, il y a lieu de signaler la donation originale de Raoul de Tosny portant les signatures de Guillaume le Conquérant et de la reine Mathilde, dont la date se place entre 1071 et 1083 (H. 280).

Abbaye de l'Estrée (diocèse d'Évreux). - Fondée en 1144, sur le territoire de la commune actuelle de Muzy, par Rahier, seigneur de Muzy. Les titres originaux sont parvenus en nombre insignifiant aux archives de l'Eure. Mais un cartulaire de la fin du XVe siècle (H. 319) contient les transcriptions des principaux d'entre eux. On y trouve les titres de la fondation depuis 1144, des bulles des papes Eugène III (1147), Alexandre III (1164), Lucius III (1184), Innocent III (1204-1208), Honorius III (1219), Grégoire IX (1227), Urbain IV (1262-1264), Boniface VIII (1300), etc.

Abbaye de Fécamp (diocèse de Rouen). - L'abbaye de Fécamp, en tant qu'abbaye d'hommes soumise à la règle de Saint-Benoît, a succédé à un ancien monastère de femmes fondé en 658. On fait remonter sa fondation par Richard II, duc de Normandie, à l'année 1006. Le fonds des archives de l'Eure contient seulement un plan de la ferme de Heudebouville (H. 335).

Abbaye de Grestain (diocèse de Lisieux). - Fondée vers 1050 par Herluin de Conteville, qui avait épousé Harlette, mère de Guillaume le Conquérant. Le fonds des archives de l'Eure, relativement peu important, renferme quelques donations originales de la fin du XIIe siècle et du commencement du XIIIe, notamment une bulle du pape Célestin III, de 1197, confirmant à l'abbaye de Grestain la possession des églises de Grestain et de Honfleur (H. 336).

Abbaye de l'Isle-Dieu (diocèse de Rouen). - Fondée vers 1187 dans une île de l'Andelle, à Perruel, sous les auspices du roi d'Angleterre Henri II et de Gauthier de Coutances, archevêque de Rouen. Le fonds des archives de l'Eure contient d'assez nombreuses donations originales de la fin du XIIe et du XIIIe siècles. Il y a lieu de signaler la confirmation par Henri II des possessions de l'abbaye sises en Angleterre et en Normandie, dont la date se rapporte à une époque très rapprochée de la fondation du monastère.

Abbaye d'Ivry (diocèse d'Évreux). - Fondée vers 1071 par le comte Roger d'Ivry, échanson de Guillaume le Conquérant. Parmi les titres originaux conservés aux archives de l'Eure, on remarque une bulle d'Innocent IV, de 1253, et des chartes de Henry II, roi d'Angleterre (vers 1175), de Philippe-Auguste (1205) et de Marie deBrabant, reine de France (1304).

Abbaye de Lyre (diocèse d'Évreux). - Fondée vers 1046, par Guillaume, fils d'Osberne, sénéchal de Normandie. Le fonds des archives de l'Eure est important par Je nombre et par l'intérêt historique des documents qui nous ont été conservés. On doit citer notamment : la grande charte de Lyre, de l'année 1051 environ, souscrite par Guillaume le Conquérant et par Mathilde, sa femme, relatant les donations faites à l'abbaye par Guillaume, fils d'Osberne, comte de Hereford, son fondateur et par ses premiers bienfaiteurs ; une seconde donation de Guillaume, fils d'Osberne, portant la souscription du célèbre archevêque de Cantorbéry, Lanfranc (vers 1070) ; la confirmation par Henri II, roi d'Angleterre, des donations faites à l'abbaye tant en France qu'en Angleterre (H. 438) ; un registre des délibérations capitulaires, de 1676 à 1788 (H. 582) ; un plan général des bâtiments claustraux, de l'église des jardins et de l'enclos de l'abbaye, dressé par dom Miserey en 1759 (H. 470) ; un inventaire détaillé du chartrier de l'abbaye, de 1738, en quatre volumes in-folio (H. 587-590).

Abbaye de Mortemer (diocèse de Rouen). - Fondée en 1134 sur le territoire de Lisors par Alexandre, prieur de Beaumont près Etrépagny. Le fonds des archives de l'Eure comprend de nombreuses chartes originales du XIIe et du XIII siècles, parmi lesquelles il y a lieu de signaler la pancarte relatant les principales donations faites à l'abbaye dans la seconde moitié du xne siècle (H. 592). Malheureusement la plupart des chartes en parchemin sont dans un mauvais état de conservation.

Abbaye de la Noë (diocèse d'Evreux). - Fondée en 1144 sur le territoire de la Bonneville par Mathilde, fille de Henri Ier, roi d'Angleterre. D'assez nombreuses donations et confirmations originales de la fin du XIIe et du XIIIe siècles, dont la plus ancienne est de 1174, forment la partie principale du fonds des archives de l'Eure, qui, ont recueilli en outre quatre feuillets ou fragments de feuillets d'un cartulaire de l'abbaye, de la fin du XIIIe siècle (H. 705).

Abbaye de Saint-Ouen de Rouen. - Fondée, suivant l'opinion la plus accréditée, sous le règne de Clolaire Ier mort en 561. Les archives de l'Eure ne possèdent qu'une pièce: déclaration des biens appartenant à la mense abbatiale à Saint-Pierre-de-Bailleul et à Gasny (H. 708).

Abbaye de Saint-Pierre-de-Préaux (diocèse de Lisieux). - Cette abbaye, de fondation très ancienne, fut détruite par les invasions des Normands et reconstruite par Onfroi de Vieilles vers 1034. Le cartulaire de Saint-Pierre-de-Préaux, dont on trouvera une analyse développée sous la cote H. 711, est un des documents les plus précieux des archives de l'Eure. Son importance est d'autant plus grande que les titres originaux dont il contient la transcription n'ont été conservés qu'en très petit nombre.

Abbaye de Saint-Taurin d'Évreux. - Vraisemblablement fondée au commencement du VIIe siècle et, suivant l'opinion la plus probable, restaurée une première fois, après les invasions normandes, par Richard Ier, duc de Normandie, mort en 996, puis rebâtie au commencement du XIe siècle par Richard II, son fils, mort en 1026. Le fonds des archives de l'Eure est important et comprend un assez grand nombre de titres originaux du XIIIe siècle, deux précieux cartulaires, l'un de la fin du XIIIe et du XIVe siècles, l'autre du milieu du XIIIe siècle, qui suppléent à la perte de beaucoup de chartes anciennes (H. 793-794) ; un curieux plan sur parchemin, de 1578, où sont figurés l'abbaye et les quartiers de Pannette, de la Rochette, de Cambolle et du Valesme ; les registres des délibérations capitulaires, depuis 1642 jusqu'en 1758 (H. 809-810) ; un mémorial des faits survenus à l'abbaye au XVIIe et au XVIIIe siècles (H. 811).

Prieurés d'hommes. - Les fonds des prieurés sont aux archives de l'Eure d'importance très inégale. La plupart ne renferment que quelques pièces et n'ont donné la matière que d'un petit nombre d'articles. Quelques-uns méritent d'être plus particulièrement signalés pour l'intérêt qu'ils présentent. Tels sont : le prieuré de Beaumont-le-Roger, fondé à la fin du XIe siècle par Roger de Beaumont ; le prieuré de Croth, dont la fondation remonte à 1060 et dont le fonds renferme une bulle originale de Lucius III (1184 ou 1185) ; le prieuré des Deux-Amants, à Amfreville-sous-les-Monts ; le prieuré de Maupas, à

Capelles-les-Grands, fondé en 1216 ; le prieuré de Saint-Aubin-des-Fresnes, à Amfreville-la-Campagne, dont un intéressant cartulaire du xve siècle est conservé aux Archives ; le prieuré de Sausseuse, fondé en 1119 par Richard de Tilly, et dont le fonds, qui ne renferme pas moins de 154 pièces parchemin, contient des titres originaux depuis 1180.

Communautés d'hommes. - Les fonds des communautés d'hommes renferment en général des documents moins anciens et moins importants que ceux des abbayes et des prieurés, mais qui présentent un intérêt particulier à d'autres points de vue. Il y a lieu de citer notamment : le couvent des Carmes de la Garde-Châtel, dont le fonds contient les copies anciennes et complètes des titres de sa fondation (H. 1059) ; celui de la Chartreuse de Bourbon-lès-Gaillon, qui renferme quelques titres originaux remontant à la fin du XIIe siècle, des terriers du xvne et du xvnr3 siècles, des plans et des dessins d'un haut intérêt (H. 1081-1083) et un cartulaire (H. 1144), en partie de la fin du XVIe siècle, en partie du commencement du XVIIIe siècle, qui permet à lui seul de reconstituer l'histoire de la célèbre Chartreuse fondée par le cardinal de Bourbon. D'autre part, on remarquera l'intérêt qui s'attache aux registres de comptes et aux mémoriaux des ordres religieux mendiants. Ces documents fournissent des indications exactes et souvent pittoresques sur la vie intime et sur l'organisation intérieure des couvents de jacobins, de cordeliers et de pénitents établis sur le territoire qui a formé le département de l'Eure.

Abbaye de Fontaine-Guérard (diocèse de Rouen). - On a émis plusieurs opinions sur la date de fondation de l'abbaye de Fontaine-Guérard : 1135 suivant la Neustria Pia ; vers 1198, suivant la Gallia Christiana. Il résulte du texte même du titre de fondation, égaré avant la revision de la série H dans le fonds de l'abbaye de Lyre où le classement opéré en 1888 a permis de le retrouver, que l'abbaye de Fontaine-Guérard a été fondée entre 1184 et 1190 par Robert aux Blanches Mains, comte de Leycester. Outre ce document précieux, le fonds des archives de l'Eure possède, en originaux ou en copies, un grand nombre de titres de propriété, dont 247 en parchemin, des biens et des revenus qui appartenaient à l'abbaye dans plus de quarante paroisses.

Abbaye du Neubourg (diocèse d'Évreux). - Fondée par lettres patentes de Louis XIII en 1637 et confirmée en 1639 par une bulle d'Urbain VIII. Dotée et protégée par la famille seigneuriale du Neubourg, l'abbaye prospéra rapidement, puisqu'en 1692 elle comprenait trente religieuses, deux tourières et huit domestiques (H. 1300). Le fonds recueilli aux archives de l'Eure ne renferme qu'un petit nombre de documents.

Abbaye de Saint-Amand de Rouen. - Fondée vers 1040 parle vicomte Goscelin et par Emmeline, sa femme. Une seule pièce, extrait collationné d'une déclaration des biens, de 1675, est parvenue aux archives de l'Eure.

Abbaye de Saint-Léger-de-Préaux (diocèse de Lisieux). - Fondée vers 1040 par Onfroi de Vieilles et sa femme. Aubrée sur la paroisse Saint-Michel-de-Préaux. Une partie seulement des documents que possédait le chartrier de l'abbaye est parvenue aux archives de l'Eure. Les plus anciens titres originaux, d'ailleurs peu nombreux, ne sont pas antérieurs au XIIIe siècle.

Abbayes de Saint-Nicolas de Verneuil et de N.-D. de Pacy (diocèse d'Évreux). - L'abbaye de Pacy fut fondée en 1637 par François-Alexandre d'Albret et son église consacrée par François de Péricard, évêque d'Évreux, le 28 mars 1638. Elle fut réunie en 1739 à l'abbaye de Saint-Nicolas de Verneuil. Les bénédictines de Verneuil avaient été établies en 1627 par Charlotte d'Hautemer, veuve de Pierre Rouxel de Médavy, et leur couvent fut érigé en abbaye en 1633. Vers 1660, les bénédictines de Saint-Nicolas de Verneuil étaient " au nombre de quarante-cinq pauvres religieuses " (H. 1336).

Abbaye de Saint-Sauveur d'Évreux. - Fondée vers 1060 par Richard, comte d'Évreux, reconstruite et transférée à la fin du XIIe siècle sur l'emplacement qu'elle a occupé jusqu'à la Révolution. Le fonds conservé aux archives de l'Eure est relativement important et comprend de nombreux titres originaux depuis la fin du XIIe siècle.

Abbaye du Trésor (diocèse de Rouen). - Fondée en janvier 1227 (a. s.) sur le territoire de Bus-Saint-Rémy par Raoul du Bus. Le fonds des archives de l'Eure, qui ne renferme pas moins de 230 pièces parchemin et de 900 pièces papier, contient, outre le titre original de fondation (H. 1366), de nombreuses chartes originales du XIIIe siècle et un inventaire détaillé du chartrier de l'abbaye, de 1760 (H. 4418).

Prieuré de Chaise-Dieu. - Fondé au XIIe siècle. Les titres originaux sont peu nombreux aux archives de l'Eure et ne sont pas antérieurs à 1209. Un cartulaire du XVIIe siècle a conservé la transcription des principales chartes, du XIIe et du XIIIe siècles, que renfermait le chartrier du prieuré.

Couvents et communautés de femmes. - La plupart de ces fonds ne sont représentés aux archives de l'Eure que par un petit nombre de pièces. Les plus importants sont ceux des Annonciades de Gisors, des

Bénédictines d'Andely, des Ursulines d'Andely, d'Évreux et de Gisors.

Ordres militaires religieux. - Des trois commanderies représentées aux archives de l'Eure, celle de Saint-Étienne-de-Renneville a laissé les plus nombreux documents, la plupart dans un mauvais état de conservation et de date relativement récente, les chartes anciennes étant conservées aux Archives nationales à Paris. Cette dernière observation s'applique également aux commanderies de Bourgoult et de Chanu.

Hospices. - Les anciens établissements hospitaliers, existant sur le territoire du département de l'Eure, ont en général conservé leurs chartriers. Aussi les fonds des hospices sont peu importants et ne comprennent que quelques pièces recueillies par hasard aux Archives départementales.

Informations sur le traitement

Rédacteur de la description

GEORGES BOURBON, Archiviste de l'Eure.

Informations sur la description

Evreux, le 23 novembre 1892.

Mots clés typologiques

Autres Cotes

H1-1057,1709-1724,1731-1767,1782

Date

Xe-XIXe siècles

Autres Cotes

H733-811,1752

Date

Xe-XVIIIe siècles

« Livre des délibérations et actes capitulaires du monastère de Saint-Taurin lez Évreux uny à la congrégation de Saint-Maur », du ler mars 1612 au 26 mars 1711. – Procès-verbal d'installation dans l'abbaye de Saint-Taurin des religieux réformés de la congrégation de Saint-Maur, par François de Péricard, évêque d'Évreux, en présence de Jacques du Perron, évêque d'Angoulême et abbé commendataire de Saint-Taurin, les 1er et 2 mars 1642 (fol. 2 et suiv.) ; – délibérations relatives à un emprunt de 2,000 livres contracté par les religieux, attendu » qu'il a esté nécessaire de faire de grands frais pour mettre les lieux réguliers en réparation, comme dortoir, réfectoir, église et autres lieux, à l'effet de leur establissement nouvellement fait, comme aussi pour achepter plusieurs ameublemens nécessaires, pour à quoy satisfaire le revenu de la communauté n'est suffisant » (1er avril 1642. Fol. 9), – au retrait de « plusieurs terres et domaines aliénés de ladite abbaye, tant de la mense conventuelle que de la mense abbatiale, lesquels on peut retirer suivant le pouvoir que le Roi en a donné par sa déclaration du treizième juin 1741 » (fol. 12 et ss.), – au différend soulevé entre l'abbaye et le curé de Saint-Gilles relativement au droit prétendu par les religieux de Saint-Taurin de célébrer la grand'messe avec diacre et sous-diacre, le jour de la fête, de saint Gilles, « en l'église et paroisse dudit Saint Gilles size en l'enclos dudit monastère, pour marque de leur supériorité » (fol. 17, etc.) ; – enregistrement des lettres de nomination de dom Damien Lerminier en qualité de prieur de l'abbaye de Saint-Taurin (17 juillet 1645. Fol. 23 v°) ; – projet d'emprunt de 3,000 livres, attendu « que le monastère doit prez de la somme de deux mil cinq cens livres à divers marchands, dont on ne peut pas différer le paiement plus longtemps, et d'ailleurs que les bâtiments des métairies de la Moinerie, du Buisson et de l'Aumosnerie menacent ruine, si on n'y apporte un présent remède, qu'il y a encore quantité de réparations à faire au moulin de Louviers, à la maison de la Rochette et aux murailles et toicls des logis du monastère... » (1646. Fol. 26) ; – récit des funérailles de François de Péricard, évesque d'Èvreux : « Le dimanche dix-huitième jour de novembre 1646, Messire François de Péricard, évêque d'Évreux, estant décédé à Paris dez le 21° de juillet et son corps ayant reposé en la paroisse de Condé depuis ce temps-là, la cérémonie de l'inhumation a esté faite en l'ordre et la manière qui s'ensuit : le corps fut apporté de Condé dans un charriot, tiré par quatre chevaux, accompagné de quelques cavaliers et des frères de la Charité de Condé. Les chevaux estoient couverts de toile noire avec une grande croix blanche, les housses descendant jusqu'à terre. Le charriot couvert de cercles en guise de berceau, avoit aussi une croix noire croisée de blanc qui couvroit les roues. Le clergé avec les religieux mendians attendoit le corps au cimetière Dieu, lequel fust reçeu par monseigneur messire Jacques du Perron, évesque d'Angoulesme et nommé à l'évesché d'Évreux. La réception faite, on procéda à l'évesché, où le chariot fit seulement un tour dans la cour, et le convoy descendit par la porte de la Geole, passa par la porte au Febvre et continua jusque devant le cimetière de Saint-Gilles. Les religieux de Saint-Taurin attendoient le convoy à la barrière du cimetière... Le lendemain, sur les neuf heures, les corps de ville commencèrent à arriver. Messieurs du Présidial vinrent en corps jeter de l'eau béniste sur le cercueil et se retirèrent dans les chaires du chœur (de l'église Saint-Taurin), des deux costez ; les gens du Roy ensuite, qui se placèrent sur les bancs proche du grand autel du costé du dortoir, où se mirent aussi les eschevins de ville. Ceux de l'Élection n'y vindrent pas, à cause de leur débat pour la prœséance contre le Présidial... Il ne se trouva point de noblesse au convoy, d'autant que ceux du Présidial ne leur eussent pas voulu accorder le pas devant... Etc. » (Fol. 30-34) ; – enregistrement des lettres de nomination de dom Fabien Buteux en qualité de prieur de l'abbaye de Saint-Taurin (15 juin 1648) ; – id., de dom Joseph des Ormes, ancien prieur de l'abbaye de Bernay (16 août 1649) ; – protestation des religieux de Saint-Taurin contre le projet formé par Gilles Boutault, nommé évêque d'Évreux, de prendre possession de son évêché sans se conformer aux usages traditionnels : « Messire Gilles Boutault, évesque de cette ville d'Évreux, se dispose aujourd'huy sur les onze heures, contre les anciennes cérémonies et coustumes religieusement observées par tous ses prédécesseurs jusques à son prédécesseur immédiat, révérendissime Jacques Noël du Perron, décédé le 14° février 1649, de prendre possession de son évesché et faire son entrée en l'église cathédrale sans en avoir donné advis à ceux quiy ont intérêt et nommément aux religieux de cette abbaye de Saint-Taurin, qui ont droict suyvant leurs tiltres de le recevoir en cette abbaye la veille de son entrée solennelle, où il doibt coucher et estre défrayé avec sa suitte par monsieur l'abbé de ladite abbaye, pour le lendemain lui estre imposée la mitre de Saint-Taurin avec grandes cérémonies et prières et de là le conduire jusques près la porte de la grande église Nostre-Dame et le présenter et livrer avec harangue à Mrs les chanoines de ladite église assemblez en corps ; et la haquenée ou autre monture sur laquelle il doibt estre venu audit monastère, avec son anneau d'or, doibt demeurer au proffict de l'aumosnier de ladite abbaye, ou la somme de cinquante six escus, comme il est stipulé par les anciennes transactions ; toutes lesquelles cérémonies il veult obmettre et partir seulement de son évesché sans estre accompagné d'aucun... Etc. » (5 avril 1650. Fol. 50) ; – installation de dom Charles Robillard, prieur de l'abbaye (19 juillet 1651), – id., de dom Germain Friville, nouveau prieur (23 juin 1654) ; – délibération décidant de soumettre au supérieur général les propositions de la duchesse de Bouillon : « Son altesse madame de Bouillon avoit dessein de faire aporter le corps de feu monsieur le duc de Bouillon, son mari, en l'église dudit monastère et mesme vouloit y dresser un sepulchre pour ledit feu seigneur son mari, pour elle, messieurs ses enfans et toute leur postérité, ensemble de faire dresser une chapelle au dessus dudit sépulchre pour y mettre cinq corps sainctz que notre saint père le Pape luy a donné, estant à Rome... » (1655. Fol. 64). Acceptation par les religieux des propositions de la duchesse de Bouillon relatives à la sépulture de sa famille et à un don de 10,000 livres par elle fait à l'abbaye (1657. Fol. 71) ; – installations de dom Germain Ferrand (25 juin 1657) et de dom Laurens Hunault (15 juin 1660), nommés prieurs de l'abbaye ; – délibérations relatives aux difficultés survenues entre l'abbaye et le chapitre de la cathédrale à propos de la cérémonie des funérailles de Gilles Boutault, évêque d'Évreux, décédé à Paris le 11 mars (14-26 mars 1661. Fol. 82-84) ; – enregistrement des lettres de nomination de Claude Carrel (25juin 1667), de Charles Aubourg (26 mai 1670), de Pierre Richer (1l juin 1675), de Jacques Remy (28 mai 1681), de Pierre Lengigneur (31 mai 1682), d'Antoine Beaugendre (24 mai 1687), de Pierre Lengigneur (14 mai 1693), de Nicolas Asselin (15 juin 1696), de Gabriel Pouget (14juin 1699), de René Lâneau (1er juin 1708), prieurs de l'abbaye ; – délibération relative à un projet d'échange avec le duc de Bouillon, qui proposait « d'enclore dans l'enceinte du chasteau qu'il fait bastir à Navarre une espace de rivière appartenant à ce monastère, à condition de donner en échange cent livres de rente » (1682. Fol. 143) ; – projet d'un emprunt de 2,000 livres (15 juillet 1692) ; – consentement donné par les religieux à la translation des corps des membres de la famille de Bouillon inhumés dans l'église de l'abbaye : « Son Altesse éminentissime Monseigneur le cardinal de Bouillon estant venu quelques jours auparavant en ce monastère, où depuis environ quarante ans on avoit en depost les corps de feu monseigneur le duc de Bouillon, de madame la duchesse, ses père et mère, et ceux de plusieurs autres princes et princesses de leur famille, il avoit dit qu'il avoit pris résolution avec Monseigneur le duc de Bouillon, son frère aisné, de les transporter en l'abbaye de Cluny dont il estoit abbé et dont les comtes d'Auvergne, dont ils sont descendus, étoient les fondateurs ou bienfaiteurs insignes ; que pour cet effet, comme les corps n'étoient dans notre église qu'en dépost, ils prioient la communauté de souffrir qu'il les emportassent... » (14 septembre 1692. Fol. 175) ; – opposition formée par les religieux à l'établissement d'un tarif d'abonnement destiné à remplacer la taille et applicable aux privilégiés comme aux taillables de la ville d'Évreux, « les habitans manans taillables de la ville d'Évreux travaillans depuis quelque temps dans les assemblées de la maison de ville à régler » ledit tarif (31 août 1707. Fol. 206) ; – récit de la cérémonie des funérailles de Jacques Potier de Novion, évêque d'Évreux : [« Messire Jacques Potier de Novion, évesque d'Évreux, mourut le 14e d'octobre 1709, à 10 et demy du soir, dans son palais épiscopal ; il fut enlevé de ce monde par une fièvre violente qui ne dura que cinq jours. Comme il estoit fort et robuste, quoyqu'âgé de 64 ans ou environ, il creut que la bonté de son tempérament le tireroit d'affaire ; mais il fut trompé et mourut sans sacrements, au grand regret de tout son diocèse qu'il avoit gouverné pendant 27 ans dans une grande paix et avec beaucoup de vigilance... Toute la communauté (des religieux de Saint-Taurin) fut en procession avec la croix et l'eau bénite attendre le convoy à la porte de l'église, qu'on nomme la porte des Images... Les Capucins et Cordeliers estoient à la teste, les Jacobins suivoient, tous les curez de la ville avec le clergé marchoient après, et messieurs les chanoines, les derniers de tous, fermoient la marche ; ensuitte le corps de feu Mr l'Évesque estoit porté par les frères de la Charité, et les quatre coins du drap par quatre dignitez du chapitre. Le Présidial et toutes les justices de la ville marchoient en habits de cérémonie avec une infinité de peuple qui les suivoient.... (Fol. 211-212) ; – actes de profession de Martin Alleron et de Michel Orry, religieux profès de la congrégation de Cluny et de Saint-Maur (1645) ; – actes de réception et d'ajournements des postulants et des novices (1655-1657).